Journées d'étude

Actualité de la recherche sur le jazz (6)

La recherche dans et sur le monde francophone


©️ Uhoda Jazz Festival - Eva Klontz

Infos

Dates
Du 6 au 8 mai 2026
Lieu
Salle des Professeurs / Maison du Jazz de Liège et de la Communauté française de Belgique
Place du 20-Août, 7 (Bât. A1) / Rue sur les Foulons, 11
4000 Liège

D

ans l’histoire du jazz, l’espace francophone mondial a, comme bien d’autres, apporté ses propres contributions, tant au cœur qu’en périphérie d’un canon traditionnellement américano-centriste. Outre certains apports esthétiques parfois perçus comme originaux (la musique du Quintette du Hot Club de France), ces diverses régions ont par exemple fourni nombre de musiciens marquants, (Rabih Abou-Khalil, Manu Dibango, Daniel Humair, Bobby Jaspar, Nathalie Loriers, Grégoire Maret, Cécile McLorin Salvant, Mimi Perrin, Michel Petrucciani, Michel Portal, Django Reinhardt, Martial Solal, Toots Thielemans, René Thomas, Sonny Troupe, Erik Truffaz, ou encore Karim Ziad, pour n’en citer que quelques-un.es). Assez tôt, certains pays (France, Suisse, Belgique) se sont configurés et pensés comme une aire francophone dépassant les frontières nationales, notamment à travers un réseau d’institutions (les hot clubs, les tournois amateur), de critiques et d’organes de presse (Jazz Hot et Music par exemple) favorisant les collaborations artistiques transfrontalières. On peut également noter la contribution du monde francophone à l’émergence des festivals de jazz: Nice (1948), Paris (1949), Comblain-la-Tour (1959), Juan-les-Pins (1960), Montreux (1967), Montréal (1980), Jazz au Chellah (1996), ou encore Dakar-Gorée (2015).

Au-delà de ces considérations ponctuelles, ces journées d’étude souhaitent susciter la réflexion sur la manière dont une langue (en l’occurrence le français) et l’aire géographique et culturelle qui en découle ont pu agir comme facteurs structurels et structurants dans l’histoire du jazz. Si ce dernier est volontiers donné comme un objet transcendant les frontières linguistiques, politiques et culturelles, son existence et son évolution historique ne peuvent se comprendre sans considérer son rapport avec des instances où la langue joue (tantôt comme vecteur, tantôt comme barrière) un rôle structurant, que ce soit en termes de diffusion, de médiation, de connaissance et de réception. Alors que le statut actuel de l’anglais comme lingua franca du monde du jazz ne peut pas être contesté, cet état de fait tend à éclipser des réalités et contextes historiques moins homogènes.

Afin d’éclairer ces réalités et contextes, cas journées d’étude proposent d’explorer les axes de recherche suivants :

  • Espace francophone, circulation des savoirs et historiographie. Il s’agira, d’une part, d’étudier les réseaux francophones (avec leurs centres et leurs périphéries) de diffusion de connaissances sur le jazz, tant du point de vue de la critique et de la presse musicale (depuis le début des années 1920) que de celui du monde universitaire et des établissements d’enseignement musical. D’autre part, on pourra interroger l’éventuelle spécificité (au-delà de phénomènes d’acculturation au jazz américains qu’il ne s’agit évidemment pas de nier) de ces savoirs critiques, universitaires et pédagogiques, au regard d’autres traditions critiques ou académiques, anglophones notamment.
  • Espace francophone et circulations des musiciens. Ici pourra être questionné le rôle structurant, ou du moins facilitateur (dès les années 1920, entre la France et la Belgique, par exemple) de la communauté de langue dans le développement de collaborations artistiques ou d’enseignement, dans les trajectoires professionnelles (les carrières) des musicien.nes de jazz francophones, ou encore dans la programmation de certains festivals et le recrutement de labels.
  • Espace francophone et circulations stylistiques. Lui-même issu d’une rencontre de traditions musicales multiples, le jazz n’a cessé d’évoluer au gré de rencontres stylistiques et/ou d’appropriations nouvelles. Il s’agira ici d’interroger le rôle structurant de l’espace francophone dans certaines rencontres et appropriations (notamment avec des traditions musicales issues d’espaces francophones africains, méditerranéens, ou encore antillais).
  • Francophonie et vocalité. Le jazz n’est pas né en parlant français mais, pour des raisons esthétiques et commerciales, un jazz vocal francophone s’est développé. Ici pourront être abordées les questions et débats soulevés par les tentatives d’adaptation du français au swing, le développement de styles vocaux proposant d’autres types de prosodies, ou plus généralement les relations entre jazz et chanson francophone.

Organisation

Christophe Pirenne (ULiège), Alexandre Piret (ULiège/VUB), Martin Guerpin (Sorbonne-Université), Matthias Heyman (KCB/VUB)

 

Affiche (PDF)
Programme (PDF)

 

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